Bonjour à tous,

TVB. Nous sommes arrivés hier dans la matinée sur l'ile de Providencia, après 4 jours de mer "musclée"...Même si rien ne s'est passé comme la météo le prévoyait...Mais, ici, c'est très beau, on se croirait aux Marquises. Ne vous méprenez pas, nous sommes bien sur une île Colombienne, mais au large du Nicaragua.

Au lieu de partir, lundi matin, sans vent, avant de toucher du Nord à la frontière Honduras/Nicaragua, vers la pointe "Gracias de Dios", comme prévu , nous sommes bien partis lundi matin, mais avec un fort vent d'Ouest...qui nous permettait de faire route plein Est, pendant deux jours, jusque la pointe.

Nous étions cinq bateaux à partir, et c'était bien sympa, pendant la nuit d'apercevoir les feux de route de Florian et Nina, à bord de leur catamaran autrichien "Flina", et de "Kittyhawk", un sloop américain. Arrivés à la pointe, au cap de la frontière, nous avions la possibilité de rester au mouillage idyllique de Vivorillo, ou bien de continuer notre route, avant que les alizés ne soient trop musclés, plus de face . L'arrêt était très tentant, eaux turquoises, cocotiers, plages de sable prometteuses au niveau des trouvailles en tout genre... bref ... On a décidé de continuer notre route quand même. Les quatre autres bateaux se sont arrêtés là, et seulement deux repartiront le lendemain.

La nuit tombe à peine trois heures après notre décision de continuer, et nous devons trouver notre chemin, entre différentes cayes, en faisant route, cette fois-ci, Sud-Est, avec un vent soutenu, au près...et cela jusqu'à cinq heures du matin. Nous ne prenons pas la route, certes plus facile, mais plus proche de la côte nicaraguayenne...connue comme mal famée. Et comme dit Daniel, avec une mer comme cela, il faudrait déjà que le pirate décide de prendre la mer... Et puis, à plus de quinze miles des côtes, on ne voit plus nos feux de route...

Arrivés à l'endroit où nous devions changer de cap et faire route plus Sud, le vent étant toujours fort, nous décidons de réduire les voiles avant de changer de direction. Il est cinq du matin, la lune s'est couchée. Daniel, assis dans le cockpit, et tirant de toutes ses forces sur le bout de l'enrouleur, alors que je choquais le gênois, ripe avec son pied gauche, une traitresse vague au même moment le fait "friter" très très fort la fesse gauche sur l'angle de la banquette du cockpit...Aie!Aie!Aie! Aie et re-Aie!!!Tout s'enchaîne, arnica, di-antalvic...on sursoit à la prise de ris en pied de mât...Daniel doit se reposer, sa jambe gauche ne le porte plus...nous craignons le pire... Daniel met son harnais et prend sur lui pour aller au pied de mât. Ouf, la grand voile est réduite, on peut faire route Sud. A partir de ce moment là, Daniel s'économise...le vent n'a pas faibli, au contraire...Dans la journée du lendemain, il a fallu prendre un deuxième ris, puis, avant la troisième nuit, Daniel a pris le troisième ris, pour la première fois depuis qu'on a le bateau...Quitte à aller moins vite, mais, ainsi, on fait face aux surventes dus aux orages de la nuit. Après une arrivée musclée ( car on a dû attendre et laisser passer trois gros grains successifstrès violents, avant de se présenter vers le chenal balisé), nous sommes sous le charme de cette île où le temps semble s'être arrêté.

Au mouillage dans la baie, des montagnes volcaniques magnifiques autour de nous, une vierge par ci, une croix par là, sur des monticules...Quelle paix! Les formalités d'entrée en Colombie sont vite expédiées, grâce à l'aide d'un sympathique agent maritime, qui nous convie à son bureau, situé à environ 300 m du port. En route, je lui explique pourquoi le capitaine marche lentement et que nous allons avoir besoin d'un docteur... Avant d'arriver à son bureau, il me dit que le docteur "is on the way". Il lui avait téléphoné...C'est ainsi que dans son bureau/domicile, dans la première pièce, se remplissent les documents du bateau pendant que Daniel, dans une chambre, explique et montre sa fesse au docteur, arrivé, entretemps, sur sa moto! Ouf! le diagnostic n'est pas dramatique. Ce n'est que musculaire...vessie de glace et repos sont les maîtres mots...L'agent maritime m'avance spontanément 10 000 pesos pour acheter des glaçons. Aujourd'hui, Daniel sent une sciatique, il a peut être bien "roulé" son nerf sur le côté...en plus des muscles fessiers abîmés. On avait envie de sortir nos vélos, il y a une route qui fait le tour de l'île...On oublie. On a aperçu une espèce de car, on va voir... Et on pourra aussi louer un scooter . Nous avons bien l'intention de rester quelques temps ici, car l'autre île, celle de San Andres, est très touristique, trop aux dires de certains et donc beaucoup moins authentique.

Vous pouvez voir nos petits ballons pour situer notre parcours sur le site de "Winlink.org" dans "positions report" avec notre indicatif radio "f6cgi"

Vous l'avez compris, ce coin nous plaît bien. Pas de Wifi, un ou deux internet café, un aéroport qui relie San Andres où, là, il y a un aéroport international... Notre tel portable est branché, en cas de souci majeur. Nous avons dormi 11 heures d'affilée la nuit dernière.

Gros bisous à tous

Jacline et Daniel